Les États-Unis désunis de Vladimir Pozner

Les États-Unis désunis de Vladimir Pozner

Les États-Unis désunis de Vladimir Pozner (éditions 10/18)
« J'évite d'interpréter, de prêcher et d'instruire, faisant confiance au
lecteur pour comprendre, grâce à mon témoignage et son expérience, le ¬monde
où nous vivons, lui et moi, en commun. » L'écrivain français Vladimir Pozner
(1905-1992) s'est voulu observateur actif du chaos de son époque. Ami de
Brecht, de Gorki, de Maïakovski, antifasciste, exilé aux Etats-Unis durant
l'Occupation, il empoigne une Amérique fracassée par la ¬crise financière de
1929 et le désarroi qui s'ensuit, pour en faire un livre, à la fois ¬roman,
collage et documentaire, au titre éloquent : Les Etats-Désunis. Regarder et
écrire. Comprendre et raconter. Mettre bout à bout des tranches de vie,
d'hommes, de femmes, d'enfants rejetés, oubliés - tout un peuple au destin
brisé. Tout ensemble journaliste, historien et écrivain, Pozner construit
par fragments l'histoire d'une Amérique puritaine, anti-intellectuelle,
cynique, revancharde, dénuée de compassion, et pourtant riche de promesses.
Il puise dans les faits divers, copie des slogans publicitaires, narre le
quotidien de quartiers où grouille la vermine, retranscrit des audiences de
procès... Cet ovni littéraire, publié en 1938 chez Denoël, apparaît
aujourd'hui étrangement moderne et sans frontières.
En ces temps de crise, il faut lire et relire cette chronique de l'Amérique
de la Grande Dépression. Ce livre clé, " d'une critique impitoyable et d'une grande tendresse " (Jorge Semprun), a marqué les esprits dès sa sortie en 1938. Dans un genre littéraire qui lui est propre, qui tient autant du reportage que de la forme romanesque, Pozner observe et décrit un pays, les Etats-Unis, alors en pleine détresse spirituelle et matérielle, mais qui ne cesse de fasciner. Ce peuple, l'auteur en sonde l'âme par un puissant montage de détails : la vie quotidienne de Harlem, les briseurs de grève de l'agence Pinkerton, la guerre des journaux à Chicago, les héros déchus de Hollywood, les grèves violentes dans les mines de Pennsylvanie, John Dos
Passos et Waldo Frank, le courrier du coeur et les écrivains publics, le
marchand de lacets de Wall Street, les gangsters et les croque-morts... Il
compose une mosaïque qui renvoie l'image d'un pays où l'énergie le dispute
au désespoir, la solidarité à la misère, et où le culte du service et de
l'efficacité mène le plus souvent à l'asservissement et au décervelage. Noam
Chomsky, dans un entretien, rappelle l'actualité criante de cette époque et
de ce livre. Jean-Pierre Faye signe une post-face qui évoque la vie de
Pozner et le caractère novateur de son écriture.

Un livre extraordinaire dans le plein sens du mot. Extraordinaire par le ton autant que par le contenu. On chercherait vainement un roman plus
passionnant que ce procès-verbal de constat de l'Amérique.

Révélation terrible d'un pays et d'un peuple. Qu'on le veuille ou non, c'est l'itinéraire qu'il faudra emprunter désormais pour pénétrer
dans la vie des USA. Après Sinclair Lewis, John Dos Passos, William Faulkner, on s'imaginait avoir touché la détresse spirituelle et
matérielle de tant de citoyens américains. Avec Pozner, nous mesurons le mensonge qu'il y avait encore dans les récits les plus sincères.
La Libre Belgique Pozner a bâti une Amérique de chair et de sang. C'est le plus beau livre que j'ai lu sur ce pays.

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